Sud-Gironde, mai 2026 : la saison des nids de frelons asiatiques démarre trois semaines plus tôt que d’habitude

Nid primaire de frelon asiatique sous l'avant-toit d'une maison girondine au printemps 2026

Entre Villandraut, Bazas et Langon, les premières alertes sont remontées dès la deuxième semaine d’avril. D’ordinaire, on attend début mai pour voir les nids primaires de Vespa velutina apparaître sous les toits ou dans les abris de jardin. Cette année, le calendrier a glissé. Les apiculteurs du bassin du Ciron parlent d’une saison qui a pris vingt jours d’avance, et les sociétés d’intervention locales confirment : plus de signalements traités à la mi-mai qu’à la même date l’an dernier.

Ce décalage compte. Un nid repéré maintenant tient encore dans une coque grise grosse comme une balle de tennis, la fondatrice y travaille seule ou presque. Quelques semaines plus tard, le même nid change d’emplacement, change de forme, change d’échelle. Un ballon de basket peuplé de deux mille individus, parfois davantage. Plus on intervient tôt, plus c’est rapide à régler, plus c’est abordable. Mai est la bonne fenêtre.

Un printemps trop doux pour les fondatrices

L’hiver girondin n’a pas vraiment eu lieu. Bordeaux-Mérignac affiche une température moyenne d’avril supérieure de 2,1 °C à la normale 1991-2020, et sept journées de mars ont dépassé 18 °C. Pour les reines qui hibernent sous une écorce, dans une cavité, parfois calées sous une tuile, c’est le signal du réveil.

Le Sud-Gironde leur offre un terrain idéal. Forêts de pins, vignobles, zones humides du Ciron : proies en abondance, cachettes en pagaille pour bâtir. Le bilan des signalements citoyens compilés par les groupements apicoles l’illustre sans ambiguïté : 152 alertes entre le 1ᵉʳ avril et le 15 mai 2026 sur le secteur, contre 114 à la même période en 2025.

Une pression inégale d’une commune à l’autre

Tous les villages ne sont pas logés à la même enseigne. Langon concentre logiquement les regards parce que c’est la sous-préfecture et que la densité d’habitations y est plus forte qu’ailleurs. Bazas, elle, doit composer avec un bâti ancien — toitures à fortes pentes, charpentes apparentes, granges, vieilles maisons de pierre — qui multiplie les emplacements de nidification. Villandraut, plus boisée, recense moins de nids dans le bâti mais probablement davantage cachés en cime d’arbre, hors du champ de vision des habitants.

Les signalements remontés sur le bassin du Ciron et la rive gauche de la Garonne entre avril et la mi-mai donnent l’aperçu suivant.

Commune Nids primaires recensés (avril – mi-mai 2026) Évolution vs même période 2025
Langon 47 + 34 %
Bazas 38 + 41 %
Villandraut 22 + 22 %
Saint-Symphorien 19 + 27 %
Captieux 14 + 16 %
Saint-Macaire 12 + 20 %

Source : registres d’intervention des sociétés agréées et référents communaux du Sud-Gironde, avril – mi-mai 2026.

Bazas tire la statistique vers le haut avec +41 % par rapport à 2025, suivie de Langon (+34 %) puis de Saint-Symphorien (+27 %). Sur la rive droite, plus urbanisée, on reste sur des hausses comprises entre 12 et 18 %. L’effet « ruralité bocagère » est net.

Ce que coûte réellement une intervention en 2026

La fourchette tient entre 90 et 250 € TTC. Un nid sous toiture accessible, traité en mai, sera facturé 90 à 130 €. Le même nid, laissé jusqu’en août, devenu secondaire et perché à dix-huit mètres dans un chêne, peut dépasser 250 € : il faut alors une perche télescopique haute, un produit homologué adapté à la distance, et beaucoup plus de temps sur place. Un nid de guêpes communes dans un abri de jardin reste sur une fourchette plus basse, 80 à 110 €.

Petite précision parce qu’on l’entend souvent : la TVA à 20 % s’applique aux particuliers sur ce type de prestation. Aucun taux réduit n’est prévu, contrairement à certains travaux d’entretien du bâti.

Les pompiers, eux, ne viennent plus

C’est l’un des malentendus les plus tenaces. Le SDIS 33 n’intervient plus sur les nids relevant du domaine privé depuis plusieurs années. Si le nid est dans votre jardin, sous votre toit, ou dans un arbre du voisin, les pompiers ne se déplaceront pas. Leur intervention reste réservée aux cas de danger immédiat : un nid sur la voie publique, dans la cour d’une école, une personne piquée présentant un risque vital.

Pour tout le reste, il faut passer par une société habilitée, comme ALLO FRELONS (qui intervient dans tout le département depuis de nombreuses années). Sur Langon, les délais constatés en mai 2026 tournent autour de dix-huit heures pour un signalement fait un jour ouvré avant 17 h, parfois moins. Plusieurs prestataires couvrent un rayon de 30 à 35 km autour de la sous-préfecture, ce qui inclut Bazas, Villandraut, Saint-Macaire, Cadillac et La Réole. Pour un nid sous toiture découvert en matinée, on peut faire intervenir un professionnel pour la destruction des nids de guêpes et frelons à Langon dans la journée — c’est bien en-dessous de la moyenne départementale d’avril, qui s’établissait à 32 heures.

Plusieurs communes du secteur, dont Langon, ont mis en place une participation financière sur facture, jusqu’à 50 % du coût et dans la limite d’un plafond annuel. Le geste coûte peu : prévenir la mairie au moment du signalement, garder la facture.

Reconnaître un nid primaire avant qu’il ne grandisse

À cette saison, le nid ne saute pas aux yeux. Boule grise de la taille d’une balle de tennis, parfois d’une orange. Surface lisse, presque papier. Il est presque toujours placé à l’abri du vent et de la pluie : avant-toit, encadrement de fenêtre, charpente apparente, dessous de tuile descellée, cabanon ou abri de jardin laissé entrouvert. La fondatrice y opère seule, ou avec une poignée d’ouvrières — rarement plus de dix.

L’indice le plus fiable, c’est le va-et-vient. Un insecte de gabarit imposant, corps noir, pattes jaunes, abdomen à fines rayures orangées, qui fait inlassablement la navette vers le même point d’un bâti, surtout entre 11 h et 15 h quand le thermomètre dépasse 18 °C : il y a quasi-certainement un nid primaire à proximité. Autre signal souvent négligé, le grattement régulier sur du bois sec, signe que la fondatrice mâche les fibres pour fabriquer la pâte à papier qui lui sert de matériau.

Ce qu’il vaut mieux ne pas faire

Les intervenants voient toujours les mêmes erreurs. La première consiste à pulvériser un insecticide ménager, ce qui agresse les frelons sans les neutraliser et déclenche une riposte collective. La deuxième, plus dangereuse encore, c’est d’essayer d’enflammer ou d’enfumer le nid : la charpente sèche s’enflamme vite, et chaque été, plusieurs sinistres en France trouvent leur origine dans une tentative de ce type. Reste la troisième, plus discrète mais aussi efficace pour se faire piquer : frapper le nid avec un manche à balai ou un tuyau. La fondatrice défend toujours son couvain, et les piqûres multiples sont nettement plus risquées qu’une piqûre isolée, en particulier chez les personnes allergiques ou les jeunes enfants.

Le bon geste tient à peu de choses. Reculer à cinq mètres au moins, ne pas s’agiter, observer la trajectoire des allers-retours pendant deux ou trois minutes pour pouvoir indiquer l’emplacement exact au professionnel, et téléphoner.

Quelques questions qui reviennent souvent

Faut-il prévenir la mairie quand on trouve un nid ? Oui, c’est utile, même si l’intervention reste à votre charge. Plusieurs communes du Sud-Gironde, dont Langon, ouvrent droit à une prise en charge partielle sur présentation de la facture, dans la limite d’un plafond fixé chaque année par délibération.

Combien de temps prend la destruction d’un nid sous une toiture ? Trente à soixante-quinze minutes selon l’accès. Le professionnel arrive en combinaison apicole renforcée, injecte un insecticide homologué par perche, attend que la colonie soit neutralisée (un quart d’heure à vingt-cinq minutes), puis retire le nid lorsque la configuration le permet — ce qui n’est pas toujours possible sur une charpente fermée.

Un nid de guêpes en septembre, déjà presque vide, doit-il être détruit ? Pas systématiquement. La colonie de guêpes communes s’éteint naturellement aux premiers froids, seules les futures reines hivernent à l’écart du nid. Pour un nid de frelons asiatiques, en revanche, l’enjeu reste entier : on cherche précisément à éliminer la fondatrice avant qu’elle ne quitte le nid à l’automne pour préparer la saison suivante.

Pourquoi le frelon asiatique pose-t-il problème en Sud-Gironde plus qu’ailleurs ? Parce que la zone associe une activité apicole vivante (miels du Ciron, du Sauternais, des Landes girondines) et un environnement bocager qui regorge de zones de chasse. Une seule colonie consomme entre six et onze kilos de proies par saison, dont une part majoritaire d’abeilles domestiques.

Quelle distance respecter par rapport à un nid découvert dans un arbre ? Cinq mètres au minimum, tant que la colonie n’est pas neutralisée. Le frelon asiatique pique rarement isolément, mais il défend collectivement son nid dans un rayon de quatre à cinq mètres autour. La guêpe commune, elle, réagit plus tard, sauf si l’on vibre directement le support.